Les plafonds armories de la ville de Metz

Dr. Jean-Claude Loutsch,

Président de l'Académie Internationale d'Héraldique

 

La ville de Metz1, plus que deux fois millénaire renferme de nombreux vestiges de son riche passé. Divodurum Mediomatricorum gallo-romain est déjà une importante place de commerce aux IIe et IIIe siècles de notre ère, Mettis est déjà ville épiscopale dès la fin du IIIe siècle. Au VIe siècle Metz deviendra capitale de l'Austrasie, et le геstега jusqu’au IXe siècle. Un de ses évêques, Saint Arnoul, sега l'ancêtre des Carolingiens et la ville sera pour un siècle une ville chérie de cette dynastie. Louis le Pieux et Charles le Chauve у furent couronnés.

 

Avec la disparition du royaume d'Austrasie, puis du royaume de Lotharingie, Metz perdit son rang de résidence гоуаlе. Les évêques, presque tous issus de très grandes familles, d'abord Carolingiens, puis, au Хe et XIe siècles de la maison d'Aгdenne2,  seront seuls maîtres dans la cité. Même les comtes de Metz, issus des comtes palatins et en principe représentants du гоi, ne jouent qu’un rôle mineur et ne sont en fait que le bras séculier de l'évêque. Ils seront supprimés au début du XIIIe siècle.

 

Mais dès la fin du  XIe siècle, la riche bourgeoisie de Metz s'était organisée et réussit, après plus d'un siècle de luttes, à prendre le pouvoir dans la ville, et à s'organiser en une forme de république analogue à celle des villes italiennes3 » Dès cette époque, " Metz était une ville libre impériale, s'administrant sans aucun contrôle et ne se rattachant à l'Empire que par le lien pour ainsi dire nominal4 ». L'auteur du poème De la guerre des III rois qui mirent le siège devant lа conne cité de Mets еп l'an mil ССС et XXIIII chante dans sa ргеmièге partie l'éloge de Metz : « Metz est la mère des franchises ; qui ne le cгoit pas se trompe ... La grande richesse et la fortune qui est à Metz, les deniers qu'elle possède, personne n'en роurтаit s'en faire une idée ... »5

 

Les historiens estiment à juste titre que le plus grand rayonnement de la  ville et la plus grande richesse de son patriciat situe entre 1200 et 14006. Aussi n'est-il pas étonnant que de cette époque datent une grande quantité d'hôtels particuliers et de palais, dont certains sont conservés où l'étaient еnсоге à une époque récente.

 

Depuis une cinquantaine d'années, au cours des travaux de restauration ou, hélas, de destruction par des promoteurs, un certain nombre de plafonds peints ont été mis à jour, et très certainement d'autres furent détruits. Les plus anciens datent du XIIIe siècle et sont sans déсог héraldique, chimères ou motifs fleuraux7.

 

Mais ceux qui datent du XIV" siècle sont le plus souvent décorés d'armoiries. Ils font ici l'objet de notre étude.

 

1. Poutre du plafond du 29, en Jeurue.

 

Le plus ancien plafond armorié messin connu actuellement а été découvert à l'occasion de la rénovation d'une maison à l'angle de l'En Jeurue (N° 29) et de la rue de l'abbé Risse (N° 1). Malheureusement, seule une poutre est conservée. Elle porte les armes de Blâmont et de Launoy-Herbevillers. Une datation dendгochronologique situe le plafond en 1320-1321. Un mariage entre Clémence, fille d'Henri lег, siгe de Blâmont, et François, fils d'Henri de Launoy, seigneur d'Heгbévillers et bailli du sire de Blâmont, est attesté en 13118. Les dates coïncident donc parfaitement.

 

2. Les poutres provenant de l'immeuble 12-14 rue du Change, actuellement au dépôt du Musée de la Cour d'Ог à Metz.

 

Il ne s'agit malheureusement que de la moitié de 7 poutres, en partie détruites lors de la démolition de la maison.

 

Quatre de ces poutres sont peintes à la détrempe, en tableaux rectangulaires couvrant les trois faces visibles des poutres. Elles sont séparées par un liseré blanc bогdé de noir et pommeté de points rouges.

 

Première poutre : Deux armoiries répétées : Empire et гoyaume de Suède.

 

Deuxième poutre : Trois armoiries : Roi de Bohême, Duché de Silesie­Schweidnitz9 et гоi d'Aragon.

 

Troisième poutre : Trois armoiries : Royaume de Castille et Léon10. D'azur à trois barques, la poupe et la proue en tête de chien d'argent, les têtes lampassées et couronnées d'or. Armes attribuées au Royaume de Portugal à Metz. C'est ainsi que sont peintes les armes du " гоу de poгtugal » dans l'armorial d'André de Ryneck, chevalier, citadin de Metz en 147311. Royaume de Jerusalem12.

Quatrième poutre : Trois armoiries : Imaginaire roi d'Orient13. Armes imaginaires attribuées au Maroc14, Royaume de Navarre.

 

Les trois autres fragments de poutres sont ornés de motifs floraux sur la face inferieure, les côtés chargés d'écussons séparés par des motifs ornementaux de couleur rouge sur ocre (aigles, lions, roses, etc.) inscrits dans des cercles rouges. Sur chaque poutre sont conservés deux écussons de chaque côté, soit au total douze blasons, les trois premiers appartenant à trois « paгaiges » messins, les autres appartenant à des familles de paraiges ou de familles nobles des environs de Metz15.

 

Il semble s'agir de deux salles différentes, la première de type officiel, lа seconde à usage privé, portant les armes du propriétaire et des familles alliées. La présence des armes de Silésie-Schweidnitz dans la première série, près des armes de Bohême et non loin des armes d'Empire, permet de dater le plafond. Il ne peut s'agir que des armes d'Anne de Silésie (1339-1362), fille d’Henri II, duc de Schweidnitz, depuis 1353 la troisième épouse de l'Empereur Charles IV de Luxembourg, гоi de Bohême9. Elle accompagnait son mari lors de son voyage et séjour à Metz en 1356. Le chroniqueur messin Philippe de Vigneulles écrit : «Audit ап, le jeudy apres la sainct Martin d'hyver, revint à Mets l'empereur Charles, roy de Bohême, et vint le chemin de Тhionville. Et estoit avec luy l'impératrice, sa femme, fille du rоу de Cracowe sarasin ...»16. On peut donc admettre que le plafond fut peint en 1356.

3. La salle à décor héraldique de l'immeuble 12, ruе des Clercs, actuellement reconstituée au  Musée de lа Cour d'Or, à Metz

 

Lors de travaux d'aménagement effectués sur un hôtel а façade Renaissance sis 12, rue des Clercs par !е quotidien « Républicain Lorrain» en 1968, un ouvrier, en faisant tomber les plâtres et le lattis d'un plafond d'une grande salle découvrit au-dessus un extraordinaire plafond médiéval armorié. La salle, longue de 11 mètres, large de 5,80 mètres, comportait seize poutres armoriées, а deux blasons chacune, chaque blason figurant en alternance trois fois sur une poutre, sauf pour les poutres 12 et 13, à moitie repeintes d'un décor Renaissance. En abattant une cloison, sept autres poutres furent mises à jour, prolongeant le décor, deux armoriées sur le même mode que les autres, cinq ornées d’un semis de fleurs de lis bleues et d'étoiles rouge sur ocre pâle. Il у а donc un total de 36 armoiries qui se répètent. Il semble que се plafond soit absolument complet.

 

Le « Républicain Lorrain » fit cadeau du plafond au musée de Metz, mais celui-ci ne put être remonté dans une salle appropriée qu'en 198417.

 

Les armoiries sur les poutres sont peintes à la détrempe, en tableaux rectangulaires, englobant les trois faces visibles, sans écu. Elles sont séparées par un liseré blanc bordé de noir et pommeté de point noirs. Le plafond entre les poutres, d'un bleu très clair, est parsemé de molettes rouges.

 

Dès la découverte du plafond, Tгibout de Morembert publia un article dans le Républicain Lorrain et un autre dans les Cahiers Lorrains18 qui malheureusement comportent surtout des erreurs. Alors que manifestement le style de la peinture ne peut que dater du XIVe siècle, il а voulu situer les peintures au XVe, et les rattacher aux familles alliées aux comtes de Salm, ce   qui n'est pas le cas, d'où lа légende donnée par Michel Pastoureau à l'illustration N° 262 de son Traité d'Héraldique19. Une étude sérieuse, inédite, а été faite en 1984 par M.J.M. Pierron, documentaliste des Monuments historiques à Metz20.

 

Comment dater le plafond ? Une datation dendrochronologique effectuée par le laboratoire de Chrono-Écologie de Besançon permet de dater l'abattage des arbres à l'année 1328. Le séchage du bois demandait souvent quelques décennies à l'époque. Puisqu'en tête de la série figure le pape avignonnais Clément VII, élu en 1378 peu après l'élection d'Urbain VI à Rome, le plafond doit être postérieur et avoir un rapport avec le grand schisme. Il est difficile d'expliquer pourquoi la poutre suivante porte les armes d'Urbain V, décédé depuis 1370. Ce n'est pas lui qui а nommé cardinal le futur Clément VII, mais il avait nommé Thierry Bayer de Boppart évêque de Metz en 1365. А moins que les messins, farouches partisans de lа papauté avignonnaise, aient choisi d'ignorer Grégoire XI, pape de 1370 à 1378, qui avait quitté Avignon en 1376 pour rétablir le siège papal а Rome en 137721.

Suivent le roi de France et les rois de Hongrie, d'Angleterre et de Bohème, et tous les Pгinces-Électeurs de l'Empire. C'est là une suite normale dans tous les armoriaux de l'époque. Mais il ne faut pas non plus oublier que la forme définitive de la bulle d’or de Charles IV, fixant les Électeurs, avait été proclamée à Metz en 1356.

 

La suite des poutres est déсогéе des armes d'un certain nombre d'évêques et de grands feudataires de lа région qui ont en commun d'être tous clémentistes, donc partisans du pape d'Avignon. II est remarquable de constater que parmi tous ces personnages n'apparaît aucun évêque de Metz. Thierry Вауег de Воррагt, évêque de Metz depuis 1365, mourut le 18 janvier 138422. Très malade à lа fin de sa vie, il semble avoir quelque temps déjà nommé Frédéric de Blankenheim, évêque de Strasbourg (qui figure ici N° 18) son vicaire au spirituel et temporel de l'évêché de Metz. II voyait sans doute en lui son successeur23. Mais c'est le bienheureux Рiеrrе de Luxembourg qui fut nommé au siège de Metz le 10 février· 1384, bien Clément VII le nomma cardinal avec l'évêché de Metz comme prébende. II fut élevé à la dignité de cardinal-diacre au titre de Saint-Georges in Valabro le 14 juillet 1386. II décéda à Avignon le 12 juillet 138724. II est peu vraisemblable que ses armoiries n'aient pas figuré ici, s'il avait déjà été nommé évêque de Metz. Le plafond а donc vraisemblablement été peint en début de l’année 1384.

 

Par ailleurs, au centre de l'ensemble, deux petits blasons ornent une petite poutre en chevêtre qui bloquait sans doute la hotte d'une cheminée disparue. Ils semblent dater de la même époque et pourraient représenter les armes des propriétaires de l'immeuble à l'époque. Le premier : d'or à la fasce d'hermines, à la bordure de gueules, n'a pas pu être identifié. Le second, de gueules à six tours d'or, posées 3-2-1, était porté d'une part par la famille de Hungre, d'autre part Nicole Noirel, dit de Laîtгe25, familles du patriciat messin. Ces dernières armes pourraient être celles de la femme du propriétaire, issue du riche et puissant lignage Le Hungre, du paгaige de Poгtsailly, entièrement partisan du pape d'Avignon. Son mari pourrait êtге un riche marchand ou changeur, ne faisant pas partie des paгaiges. Le couple ne semble pas avoir eu de postérité, puisque l'hôtel fut acheté à la fin du XIVe siècle par le chapitre de la cathédrale, et était occupé en 1408 par le chanoine Thierry de la Tour26.

 

Accessoirement, en retour d'équerre du plafond fut découvert un fragment d'une fresque qui devait couvrir l'ensemble de la pièce. On у distingue un cortège de guerriers, précédés d'un pennon de gueules à trois couronnes d'or, posées 2-1. М. Pierron27 croyait у voir les armes imaginaires de Pharamond, ancêtre mythique des Mérovingiens, mais il est plus vraisemblable qu'il s'agisse des armes imaginaires attribuées au roi Агthur28.

 

4. Les poutres découvertes au 11, rue de la Fontaine29

 

Au cours de la restauration récente (1992-94) d'une maison sise 11 rue de lа Fontaine, un autre plafond du même style fut mis à jour. II comporte sept poutres ornées chacune de deux armoiries répétées deux fois, séparées, comme sur celles de la rue des Clercs, par un liseré blanc Ьогdé de noir et pommeté de points noirs. Les poutres ne sont pas toutes en bon état, et toutes les armoiries ne sont pas lisibles. Y figurent celles d'Enguerrand VII, siгe de Coucy, comte de Soissons et de Bedfoгd ( + 1397), de Guillaume II de Juliers, duc de Gueldre, de Hattstatt, de Nassau, de Blamont, de Henri III, comte de Saaгwerden (+ 1397), deгnieг de cette famille, de Robeгt, duc de BAR (+ 1411), de Leopold d'Autriche, de Jean II, comte de Sarrebruck ( + 1381), enfin de Waleгan de Luxembourg, соmtе de Saint-Pol.

 

Les personnages qui figurent ici sont en partie les mêmes que ceux du plafond de lа rue des Clercs, et le peintre pourгаit êtге le même artiste. Се plafond date donc vraisemblablement de la même époque.

 

Dans la cour de l'immeuble, au niveau de la façade du premier étage, il faut en outre signaler des armes peintes : au centre burelé d'hermines et de gueules qui est Desch, famille patricienne de Metz, entre dеuх fois d’argent (ou d'ог ?) à la bande de gueules.

 

5. Les poutres provenant de l'immeuble 28, rue de lа Chèvre, actuellement au dépôt du Musée de la Cour d'Ог à Metz.

 

Trois роutгеs ont été découvertes en octobre 1967 lors de transformations dans l’immeuble 16 de la rue de !а Chèvre, où elles étaient renversées, la partie ornée cachée sous le plafond. Elles avaient donc servi de réemploi lors de la construction de cette maison. Comme pour les précédentes, les armes sont peintes à la détrempe, en tableaux rectangulaires couvrant les trois faces visibles des poutres. Elles sont séparées par un filet Ыаnс. Les poutres étant moins longues, les armes ne se répètent qu’une fois sur chacune. Les armoiries peintes sont les suivantes :

 

Roi de France, гоi de Castille et Léon, гоi d'Angleterre, Robert, duc de Ваг, Nassau, Jean III, comte de Spanheim et de Vianden ( + 1398). Le style graphique des armoiries paraît postérieur. Comme il ne s'agit pas d’un, ensemble complet, il est impossible d'essayer de dater les peintures de façon précise.

 

6. Les poutres provenant de l'immeuble 18, rue de la Chèvre, actuellement remontées au Musée de la Cour d'Ог а Metz.

 

Alors que les autres poutres sont toutes en sapin, celles-ci sont en chêne. II s'agit de deux poutres ornées sur les côtés d’armoiries diverses, dont certaines ne sont plus lisibles.

 

Première poutre :

1)       D'argent à deux fasces de sable

2)       D'azur au lion d'ог

3)      D'argent à trois pals de gueules, au franc-quartier indistinct.

4)      D'argent а la fasce de gueules, qui semble accompagnée de billettes du même (pourrait être Hagen de la Motte).

5-8)    Indistinct.

9)       Ecartelé d'argent et de gueules.

10)     D'argent à la croix de gueules.

11)     Indistinct.

 

Deuxième poutre : Suг un des écus, on distingue des pals, sur l’autre un fascé d'argent et de sable. Il ne s'agit pas d'armes de familles du patriciat messin. Elles semblent aussi dater dll XIVe siècle, mais une datation précise est impossible.

 

Les plafonds armoriés de lа ville de Metz méritaient d'être signalés et cette étude complète les communications commandées lors du colloque international d'héraldique organisé par !е CNRS en mars 1994 par Emmanuel de Boos : Les décors héraldiques sont-ils des armoriaux ?, d’une part, Christian de Mérindol, de l'académie internationale d'héraldique : Relations entre les recueils d’armoiries et les décors monumentaux aux XIVe et XVe siècles, d'autre part. Notre étude prouve que ce dernier auteur fait erreur quand il affirme qu'il у а une domination quasi totale du sud de lа France quant à l'usage des plafonds armoriés. А Metz, en tout cas, il semble bien que la mode de ces plafonds régnait au XIVe siècle30. Il est connu que plusieurs autres plafonds armoriés у ont été détruits par des constructions sauvages dans les années 1960-1970 а une époque où la législation ne permettait pas d'intervenir ... Comme, par ailleurs, il existe à Metz encore des rues entières bordées de maisons datant du XIVe siècle, il est vraisemblable que d’autres découvertes pourront être faites dans les années à venir.

 

Je voudrais ici remercier de tout cœur Madame Devinoy, architecte des bâtiments de France, ancien directeur du service des Monuments Français du département de lа Moselle, actuellement adjoint au maire de Metz, Madame Monique Sary, directeur du Musée de lа Cour d'Ог de Metz et ses collaborateurs, Mademoiselle Thomas, conservateur, Monsieur Euzenat, restaurateur au musée et Monsieur Munin, photographe, enfin tout particulièrement Monsieur Pieпe­Edouaгd Wagner, conservateur chargé du Fonds iconographique à la Médiathèque du Pontiffгoy de Metz. Sans eux cette communication n'aurait pas été possible.

NOTES DE BAS DE PAGES :

 

1 – Voir : Sous la direction de François-Yves Le Moigne : Histoire de Metz, Toulouse, Privat 1986, et Jean Schneider La ville de Metz aux XIIIe et XIVe siècles, Nancy 1950.

2 – Carolingiens : Saint Arnoul, de 614 à 629, Saint Cloud, son fils, de 658 à 696. Drogon le fils de Charlemagne, de 822 à 855. Maison d’Ardenne : Wigéric, de 916 à 927. Adalbéron 1er , frère des ducs de Haute et Basse-Lorraine et du 1er comte de Luxembourg, de 929 à 958. Adalbéron II, fils du duc de Haute-Lorraine, de 984 à 1005. Thierry II de Luxembourg, de 1006 à 1047. Adalbéron III de Luxembourg, de 1047 à 1072. Hermann, prévôt de Liège, 1072 à 1090. Bruno, archevêque de Cologne, qui assurait le pouvoir en Lotharingie pour son frère Othon le Grand, fut administrateur de l’évêché de 962 à 964. Thierry 1er , évêque de 965 à 984 est un neveu d’Othon le Grand.

3 – A telle enseigne que la cité possédait au début du XIVe siècle un chariot porte-bannière tiré par les bœufs, un caroccio à l’italienne (Sous la direction de François-Yves Le Moigne : histoire de Metz, op. cit. p. 141). Sur le caroccio,  voir : Hannelore Zug-Tucci : Der Fahnenwagen in der mittelalterlichen italienischen Militäremblematik (11-13 Jahrhundert). Académie Internationale d’Héraldique, Actes du IIe colloque international d’héraldique, Bressanone 1981. Paris, le Léopard d’or, 1983.

4 – E. de Bouteiller : La guerre de Metz en 1324, p. 265.

5 – Idem, I. Eloge de Metz : p. 105.

6 – Voir : Jean Schneider, op. cit.

7 – Sous la direction de François-Yves Le Moigne, op. cit. p. 184-186.

8 – Etude inédite de M. J.-M. Pierron Vincent. : Blouet et Marie-P. Seilly : En Jeurue : P.E.I. 1990, Gallia Informations, 1992-2, p.128. Aimablement communiqué par M. Pierre-Edouard Wagner, conservateur chargé du Fonds iconographique à la Médiathèque du Pontiffroy de Metz.

9 – D’après J. Siebmacher’s grosses Wappenbuch, Band 2 ; Neustadt an der Aisch, Bauer & Raspe : Gustav A. Seyler: Die Wappender deutschen Souveraine und Lande p. 4 à 11, Bolko 1er, duc de Schweidnitz (+ 1301) aurait porté un parti d’or et d’argent, à l’aigle partie de sable et de gueules, donc un parti de Silésie et d’Anhalt (famille de sa mère). Son fils aîné Bernard (+ 1326) porta comme son père, mais épousa Cunégonde de Pologne. Il est donc vraisemblable que les deux fils de ce dernier, et sa petite-fille Anne, épouse de l’Empereur Charles IV, derniers de la branche aînée aient porté un parti de Silésie et de Pologne. La branche cadette continua à porter le parti de Silésie et d’Anhalt.

10 – La couleur des lions est actuellement presque noire sur les poutres. En fait le lion de Léon est de pourpre, et non de gueules, tel qu’on le voit souvent à partir du XVIe siècle. Voir : Faustino Menendez Pidal de Navascuès : Heraldica Medieval Espanola I. La Casa Real de leon y castilla,  Madrid, Hidalguia 1982.

11 – Manuscrit 3336 de la Bibliothèque Nationale de Vienne, fol. 2.

12 – Les 4 croisettes d’or qui cantonnent normalement la croix potencée sont absentes.

13 – V. Jean-Claude Loutsch : L’armorial Miltenberg, un armorial de la fin du XVe siècle. Archives héraldiques  suisses, 1989, II, p. 115, N) 171 et p. 118, p. 210.

14 – Idem. Archives héraldiques suisses, 1989, II, p. 109, N° 120 et 1990, II P. 140, N° 1357.

15 – Les groupes de lignages de patriciens de Metz portaient le nom de paraiges. Ils étaient au nombre de six : Port-Sailly, Outre-Seille, Porte-Muselle, Jeurue, Saint-Martin et Le Commun ; ces derniers groupant les familles qui n’étaient pas patriciennes au XIIIe siècle. Pour les armoiries, voir : Dr. Jean-Claude Loutsch : Etude comparative sur la formation des armoiries bourgeoises dans des villes d’importance et la taille différente au Moyen-Âge : Metz, Bruxelles, Luxembourg et Arlon. Académie Internationale d’Héraldique Actes du IIIe colloque international d’héraldique, Montmorency 1983. Paris, Le Léopard d’Or, 1986.

16 – J. F. Huguenin : Les chroniques de la ville de Metz. Metz, S. Lamort, 1838, p. 97.

17 – O. Le B. : Remontage au musée de Metz du plafond polychrome du « R. L. », Républicain Lorrain, 5 janvier 1984, Aimablement communiqué par M. Pierre-Edouard Wagner.

18 – Le plafond de l’hôtel découvert à Metz a été exécuté pour Henri de Salm, chancelier du chapitre vers 1490, Républicain Lorrain, 31 mars 1968. La découverte à Metz d’un plafond du XVe siècle, Cahiers Lorrains, 3 juillet 1968. Aimablement communiqué par M. Pierre-Edouard Wagner.

19 – Paris, Picard 1979, p. 237 ( Armes de familles alliées à la famille de Salm).

20 - Aimablement communiqué par M. Pierre-Edouard Wagner qui, lui aussi, a travaillé sur l’identification des armoiries peintes sur les poutres. La numérotation des poutres faites par le musée correspond à la numérotation faite lors de la découverte du plafond. Mais elle est manifestement à l’inverse de l’ordre hiérarchique des armoiries peintes. Nous avons rétabli l’ordre primitif, en figurant la numérotation du musée entre parenthèses.

21 – Pour la situation de la ville de Metz pendant le grand schisme, voir Dr. Leo-Ehlen : Das Schisma im Metzer Sprengel bis zum Tode des Bischofs Theoderisch Beyer von Boppart, Jahrbuch der Gesellschaft für lothringische Geschichte und Altertumskunde (Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie lorraine), XXI, 2, 1909, p. 1 à 69 et Das Schisma im Metzer Sprengel II : Bis zur Niederlage der Urbanisten. Jahrbuch der Gesellschaft für lothringische Geschichte und Altertumskunde (Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie lorraine), XXV, 1913, p. 380-477.I.

22 – Ehlen, op. cit., Jahrbuch XXV, P. 393.

23 – Dom Calmet III, P. 455/Ehlen, op. cit. Jahrbuch XXV, p. 392-395.

24 – J. P. Kirsch : Beiträge zur Biographie des sel. Peter von Luxembourg, Ons. Hémecht II 1896, p. 102-108.

25 – Armorial d’André de Ryneck, chevalier, citain de Metz, 1473. Manuscrit 3336 de la Bibliothèque Nationale de vienne, fol. 142 v°.

26 - Aimablement communiqué par M. Pierre-Edouard Wagner.

27 – Op. cit.

28 – Les romans de la Table ronde sont particulièrement populaires au XIVe siècle. Les armes imaginaires attribuées au roi Arthur sont trois couronnes, le plus souvent d’or sur champ d’azur ou de gueules. Voir : Jean-Bernard de Vaivre : Artus les trois couronnes et les héraults. Archives héraldiques suisses 1974 p. 2 à 13, et Michel Pastoureau : Armorial des chevaliers de la Table Ronde, Paris, Le Léopard d’or, 1983, 47.

29 – Je voudrais remercier M. Michel Descheppe, de 55300 Seuzey, propriétaire de l’immeuble de la rue de la Fontaine, qui m’a permis d’inspecter ce plafond et de prendre des photographies.

30 – S’il y a actuellement plus de plafonds armoriés dans le sud que dans le nord de la France, c’est probablement parce que le nord a subi depuis le XVe siècle des invasions incessantes, entraînant toutes les destructions que la guerre impose à un pays.