Les archives de l'ordre du Saint-Esprit au musée de la Légion d'honneur

 

 

 

par Véronique Wiesinger et Anne de Chefdebien

 

 

 

 

Fig. 25 ;

G. Engelmann, lithographie aquarellée, MLHOC. Modèle de la "broderie particulière à l'ordre, qui doit être exécutée sur la veste, les Parements, les revers et le Collet du Manteau", communiqué aux nouveaux chevaliers en prévision du sacre de Charles X en même temps que la description du petit costume.

Cliché Antoine Lorgnier.

 

« Ces documents constituent un ensemble des plus précieux sur les ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit dont le musée a la prétention de retracer l’histoire. Le fait de les avoir trouvés réunis dans une même main est une bonne fortune qu’on ne rencontre pas deux fois dans sa vie. Mais c’est une bien meilleure fortune encore d’avoir un ami comme vous qui sait profiter des occasions d’enrichir avec autant de munificence que de délicate discrétion les Musées de France ».

 

Le Général Dubail, Grand Chancelier de la Légion d’honneur

A M. David-Weill, le 27 novembre 1930

 

Le Musée national de la Légion d’honneur conserve, essentiellement depuis leur achat en 1930 grâce à un don généreux de M. David-Weill, un ensemble d’archives provenant de Nicolas-Pierre Tiolier qui fit office d’huissier des ordres du roi à partir de 1814.

Cet ensemble permet de mieux connaître la vie des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit pendant la Restauration, et même une partie de l’Ancien régime, car, comme le voulait la coutume, le chevalier Tiolier avait reçu les archives de ses prédécesseurs1, lors de sa prise de fonction en 18162, auxquelles étaient venus s’ajouter deux « gros cartons » provenant du marquis d’Aguesseau, prévôt maître de cérémonies des ordres, au décès de celui-ci en janvier 18263.

 

Né à Paris le 9 mai 1784, Nicolas-Pierre Tiolier était le fils de Pierre Joseph Tiolier (1763-1819), maître graveur, cousin et élève de Benjamin Duvivier, le fameux graveur des médailles du Roi et graveur général des Monnaies4. Destiné dès son plus jeune âge à une carrière artistique, Tiolier fils fut l’élève du sculpteur Claude Dejoux et du graveur Jeuffroy5. En 1805, il remporta le Grand Prix de gravure et passa cinq années comme pensionnaire à l’Académie de France à Rome. Rentré à Paris, il travailla d’abord auprès de son père, devenu graveur général des Monnaies. Le 12 octobre 1814, Tiolier fils acheta devant notaire, avec l’accord du roi, la charge d’huissier des ordres en survivance à Louis-Olivier Caminade de Castres, pour 30 000 francs6, charge à laquelle il fut officiellement reçu par le roi le 30 avril 1816, afin d’être en mesure de porter à Rome les insignes de l’ordre aux infants d’Espagne7. Nommé graveur en médailles des Menus-Plaisirs du roi, Tiolier obtint en septembre 1816 la charge de son père aux Monnaies.

 

La charge d’huissier des ordres du roi était l’un des offices inférieurs prévus par les statuts de 15788, venu juste après celui de héraut roi d’armes. Dans l’organisation du Cabinet des ordres, ce petit officier était, comme le héraut, sous les ordres immédiats du grand prévôt maître des cérémonies, qu’il assistait dans ses fonctions, notamment en l’accompagnant en pays étranger, lorsque ce grand officier était député par le roi pour y porter les insignes de l’ordre, ou en effectuant seul cette mission lorsque le roi ne jugeait pas à propos d’en charger le grand maître des cérémonies. Il pouvait être chargé également de porter et de récupérer les insignes des ordres de France, croix et colliers, remis ensuite par le prévôt au grand trésorier. Lors de la tenue des chapitres de l’ordre, l’huissier avait la garde intérieure de la porte du Cabinet du roi, en lieu et place des huissiers du Cabinet. Il portait comme insigne de sa charge une masse, dans les cérémonies, mais également dans les appartements du roi lorsque son service l’y appelait. Des divers petits offices existant sous l’Ancien régime, seul celui d’huissier se trouva pourvu au retour définitif de Louis XVIII. Tiolier, qui fit fonction d’huissier à partir d’octobre 1814, fut donc amené par défaut à assurer officiellement les fonctions de garde des rôles, secrétaire de la chancellerie (jusqu’en 1822), et officieusement de héraut (jusqu’en 1816), de garde des archives et d’historiographe de l’ordre (jusqu’en 1822).

 

Ceci explique l’intérêt particulier des archives conservées aujourd’hui par le musée de la Légion d’honneur, qui dépassent de beaucoup les attributions de l’huissier. Tiolier eut en fait à connaître de toute la vie de l’ordre, d’autant plus que ses supérieurs hiérarchiques étaient fort occupés, souvent malades car âgés, et s’en remettaient à lui pour l’exécution de la plupart des besognes concernant l’ordre : commande aux imprimeurs, aux tailleurs, brodeurs, bijoutiers, etc. De plus, il recevait copie de la plupart des courriers échangés entre les grands officiers. L’intérêt réel que Tiolier prenait à l’exécution de son office, et à l’histoire de l’ordre du Saint-Esprit, en font un personnage-clé9. Après la Révolution de juillet 1830, il conserva la nouvelle masse de sa charge, et les archives de l’ordre, dans l’attente d’une résurrection de celui-ci. Mais Tiolier mourut le 25 septembre 1843 sans que ses vœux s’accomplissent.

 

Ce n’est qu’en 1930 que ces archives, qui complètent, en quelques sortes, l’illustre « fonds Clairambault » de la Bibliothèque Nationale de France10, firent leur apparition sur le marché antiquaire ; elles furent alors acquises pour le musée par M. David-Weill, probablement par l’intermédiaire du marchand Bourdier11. Un reliquat passa en vente publique à Drouot le 23 octobre 1930, qu’un don d’un mécène américain, M. Harry Norment, permit au musée d’acquérir. Quant à la masse d’huissier, elle réapparut en vente publique un demi-siècle plus tard, et fut alors acquise par le musée grâce au legs de M. William Nelson Cromwell12. Le musée de la Légion d’honneur détient donc aujourd’hui la quasi-intégralité du « fonds Tiolier ».

 

 

Treize registres et quatorze cartons d’archives

 

En quoi consiste ce fonds, si mal connu des chercheurs13 ? En vingt grandes boîtes en carton en forme de faux livre, portant sur le dos en cuir en lettres dorées « Ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel ». Les numéros I à VI concernent particulièrement l’ordre de Saint-Michel ; les numéros VII à XX renferment les dossiers de l’ordre du Saint-Esprit : lettres, copies de lettres, factures, etc. Sauf exception, les dossiers contenus dans ces cartons portent le numéro d’inventaire O 182114.

 

A ces boîtes s’ajoutent treize registres :

 

1) Un registre (O 1803) relié en carton vert tendre, avec au dos en cuir l’inscription Ordre du Roi et du Saint-Esprit, comprenant le registre d’huissier de M. de Perseville, manuscrit contenant au cahier 1 les procès-verbaux des cérémonies et autres objets relatifs à l’ordre du Saint-Esprit depuis le 1er janvier 1755 jusqu’au 11 décembre 176815, au cahier 2 la suite des procès-verbaux des cérémonies et autres objets relatifs à l’Ordre du Saint-Esprit depuis le 1er janvier jusqu’au 2 février 1769, plus les relations de tout ce qui s’est passé à Madrid, Naples et Parme, pour l’envoi des ordres du Roi aux Princes de ses Cours, et leurs réceptions, puis le registre de Caterbi son successeur, en quatre cahiers, contenant au cahier 1 les procès-verbaux des cérémonies, et autres objets relatifs à l’ordre du Saint-Esprit depuis le 14 mai 1769 jusqu’au 18 mai 1777, au cahier 2 la suite des procès-verbaux de cérémonies et autres objets relatifs à l’ordre du St-Esprit depuis le 18 mai 1777 jusqu’au 4 février 1785, au cahier 3 la suite  des procès-verbaux des cérémonies  et des autres relatifs à l’ordre du St-Esprit depuis le 15 mai 1785 jusqu’au 3 avril 1786, ainsi que les procès-verbaux des cérémonies, et autres objets relatifs à l’ordre de St Michel, depuis 1770 jusqu’en 1782, au cahier 4 la suite des procès-verbaux des cérémonies et autres objets relatifs à l’ordre de St-Michel, depuis mai 1782, jusqu’au 10 mai 1786. Il est à noter que le registre faisant suite à celui-ci, continué à partir de mai 1786 par Caminade de Castres, successeur de Caterbi, fut, comme le précise une note de Caminade en fin de registre O 1803, « trouvé et saisi lors des visites domiciliaires de Rouen, [et] y a été brûlé, malgré [ses] réclamations ».

 

2) Un registre (O 1806) relié en carton vert sombre, dos cuir, avec fers au dos en forme de croix des deux ordres, et l’inscription Ordre de St-Mich(el) et du St-Esprit / N° Ier, manuscrit contenant : Ordre de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Portions du registre-journal de M. de Perseville, huissier des ordres du Roi du 1er janvier 1755 au 2 février 1769. Le manuscrit est entièrement bâtonné, d’un simple trait vertical en milieu de page, n’en gênant pas la lecture. L’explication en est donné par une note de Caminade reliée en début de volume, faîte à Düsseldorf le 4 juillet 1812 : « M. de Caminade de Castres, Ecuyer, Maître des requêtes honoraires de Mgr le Comte d’Artois, huissier des Ordres du Roi, depuis l’année 1785, s’étant trouvé forcé par la révolution de soustraire ses registres et papiers des ordres, aux diverses visites domiciliaires faites chez lui, a définitivement et pour les conserver,  prit le parti de réduire en feuillets séparés, le présent registre de M. de Perseville, celui de ses prédécesseurs,  et des les bâtonner comme ne devant plus servir ; mais il en déclare maintenant toute l’authenticité ».

 

3) Un registre (O 1804) relié de même, avec mêmes fers et inscription au dos, sauf N° 2E, et bâtonné d’une croix sur chaque page, contenant : Ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Registre-journal de M. Caterbi, huissier des Ordres du Roi, du 14 mai 1769 au 14 juin 1784, continué du 1er janvier 1785 au 5 juin 1786, par M. Caminade de Castres, son successeur survivancier, en deux parties, l’une sur l’ordre du Saint-Esprit (pp. 1-233), l’autre sur l’ordre de Saint-Michel (pp. 1-91). A la fin de la deuxième partie, une note de Caminade de Castres signale que « le registre particulier, tenu depuis [1786] par M. de Caminade de Castres, ayant été trouvé et saisi lors des visites domiciliaires de Rouen, y a été brûlé, malgré sa réclamation ».

 

4) Un registre (O 1807), relié de même, avec même fers et inscription au dos, sauf N° 1, manuscrit contenant : Ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Registre-Journal de M. Tiolier, huissier des Ordres du Roi, du 30 avril 1816, jour de sa réception dans lesdits ordres, au 31 décembre 1823 visé par le marquis d’Aguesseau.

 

5) Un registre (O 1808) relié de même, fers et inscription au dos sauf N° 2, manuscrit contenant : Ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, Registre-Journal de M. le Chevalier Tiolier, huissier des Ordres du Roi, du 1er janvier 1814 au {21 mai 1829}, visé par le marquis d’Aguesseau.

 

6) Un registre (O 1809), relié de même, avec mêmes fers et inscriptions au dos, sauf N° 3, manuscrit contenant : Ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Registre-Journal de M. le Chevalier Tiolier, huissier des Ordres du Roi du {20 avril 1829 au 19 janvier 1830}, registre interrompu p. 79.

 

7) Un registre (O 1810), relié de même, mais avec au dos les fers des croix de l’ordre de Saint-Michel seules, et l’inscription Ordre de St. Michel / N°3, manuscrit contenant : Ordre de St. -Michel. Registre-Journal de M. le Chevalier Tiolier, huissier des Ordres du Roi, du premier Janvier 1824 au {21 juillet 1829}, registre interrompu p. 203. Une note visée par le marquis d’Aguesseau le 31 décembre 1823 précise que ce registre faisait « suite à celui, coté N° I, établi et disposé, depuis le jour de la réception du Sieur Chevalier Tiolier audit office (trente avril mil huit cent seize) ».

 

8) Un registre (O 1805), relié de même, mais plus petit, avec au dos les croix des deux ordres au fer et l’inscription : Ordres de St-Michel et du St-Esprit / Dépenses et Recettes, manuscrit contenant : Ordres du Roi. Registre d’inscription des Dépenses faites par M. Tiolier, huissier des Ordres du Roi, pour le service desdits Ordres, depuis le 30 avril 1816 {…} Années 1816, 1817, 1818, 1819, 1820, 1821, 1822 [et chaque année jusqu’en mai 1830]. Visé par Raimond de Sèze, grand trésorier des Ordres du roi, « pour inscrire et détailler les sommes qu’il dépensera ou touchera relativement aux mêmes ordres, depuis le jour de sa réception audit office, et ce jusqu’à nouvel ordre ».

 

9) Un registre (O 1802) de pièces diverses relié de même, avec décoration au fer en forme de fleurs au dos, portant sur la couverture l’inscription : Correspondance relative au service de M. Caminade de Castres Officier des ordres du roi, contenant des lettres, coupures de journaux, quittances, etc., adressés à Caminade de Castres de janvier 1783 à février 1816.

 

10) Un registre (O 1793) manuscrit relié dos cuir avec une étiquette portant l’inscription aux fers dorée : Manuscrit de l’ordre du St-Esprit /1781, comportant à l’intérieur l’ex-libris de Caminade de Castres et une inscription de sa main accompagnée de son sceau à la cire rouge. Ce registre contient le Code général de l’ordre du Saint-Esprit et Recueil de tout ce qui s’est passé de remarquable dans chaque partie de cet ordre depuis sa fondation jusqu’à ce jour 31 décembre 1781.

 

11) Un registre (O 537316) manuscrit, relié plein veau, contenant la Première Copie de Mon Histoire Générale de l’ordre du Saint-Esprit, vers 1737, peut-être écrit par le généalogiste de l’ordre de 1716 à 1758, Nicolas-Pascal Clairambault (la charge historiographe ne fut créée qu’en 1758).

 

12) Trois registres (O 5649, O 5650, O 565117) reliés plein veau, écritures aux fers dorées sur le premier : Rente perpétuelles et viagères {sic} sur lordre du St-Esprit en lannée 1771 / M. Tronchin Trésorier général du Marc dor/ M. Le Vacber du Plessis Procureur ; sur le deuxième Rentes sur lordre du S.Esprit créé en juin 1770 Année 1773/ M. Francois Louis Tronchin Trésorier pay / M. Levacher Duplessis Procureur ; sur le troisième Rentes sur l’ordre du St-Esprit création de juin 1770 pour lannée 1775 / M. François Louis Tronchin Trésorier Payeur / Levacher Duplessis Procureur, contenant les noms et sommes versées.

 

Il est à noter que les cartons contiennent eux-mêmes des registres manuscrits, comme :

 

- Mss réglé, 42 pp. « Ordre du St-Esprit. Supplément pour servir de suite au journal de cérémonies et chapitres de l’ordre du St-Esprit, commencé par le Sr de Perseville, huissier des ordres du roi, et continué par le Sr de Caterbi son successeur à commencer du 14 may 1769 » [jusqu’au 19 mai 1782] (carton 7).

- Mss, trois cahiers reliés par du ruban bleu : Compte du Trésorier particulier des ordres de SM 

et du SE. Année 1784, par Antoine Marie Isaac Mélin, écuyer conseiller du Roi, Trésorier receveur et payeur particulier des ordres du Roi, 1786 (O 1834) (carton 7), ou encore des documents graphiques importants pour l’histoire de l’ordre sous la Restauration, comme un plan aquarellé signé Bélanger de l’église des Théatins réaménagée (0,56/0,467 ; inv. O 1821), accompagnant un manuscrit relié avec un ruban de soie rouge : Exposé d’un moyen convenable pour doter l’ordre du St-Esprit. … p. 1 : « On propose pour chef lieu, l’ancienne église des Théatins, avec deux bâtiments propres aux localités nécessaires à l’administration des Ordres de St-Michel et du St-Esprit, et dont l’acquisition serait facile si l’on pouvait profiter promptement des renseignements exacts que peut donner Bélanger, premier architecte de S.A. Rle Monsieur, dessinateur de la chambre et cabinet de Sa Majesté ».

S’il est difficile de publier ici un inventaire exhaustif des papiers contenus dans les quatorze cartons qui concernent le St.-Esprit, voici l’essentiel de ce qui s’y trouve :

 

Carton 7 :

Projets de reconstitution de l’ordre en 1814, rapports.

 

Carton 8 :

Dossiers Individuels de grands officiers (Comte Raymond de Sèze, Grand Trésorier de 1815 à 1828) ; Comte Romain de Sèze, Grand Trésorier en 1830 ; Charles-Henri Dambray, Chancelier de 1815 à 1829 ; Vicomte Emmanuel-Henry Dambray, Grand Prévôt Maître des Cérémonies en 1830 ; Baron de Ballainvilliers, Grand Prévôt Maître des Cérémonies de 1826 à 1830, nommé Chancelier en 1830 ; Marquis d’Aguesseau, Prévôt Maître des Cérémonies de 1783 à 1826 ; Marquis de Villedeuil, Secrétaire en 1816 ; Comte Ferrand, Secrétaire honoraire en 1816. Décédé le 17 janvier 1825 ; S.S. M. le Mis de Lally Tollendal, Cher Commdeur Grand Trésorier des Ordres, novembre 1829, décédé le 11 mars 1830).

Officiers non commandeurs (Insignes, costumes des petits officiers ; Traitements des petits officiers ; Officiers en exercice de fonctions - héraut roi d’armes, huissier ; Lettres contenant des demandes ouvertes relatives aux places de petits officiers vacantes en mai 1814).

 

 

Carton 9 :

Dossiers individuels des officiers non commandeurs : Caterbi ; Tiolier (Liasse envoi des ordres aux deux infants d’Espagne à Rome, avril 1816 ; mission à Berlin et à Saint-Pétersbourg) ; Caminade de Castres (Pièces relatives à la transmission de l’office d’huissier ; mission à Londres 1815) ; Dutillet de Villars, père ; Du Tillet de Villars ; Desmaisons (missions à Lisbonne, 1823 et Vienne, 1824) ; Des Maisons fils ; Lalande ; Cauchy ; Mélin.

 

Carton 10 :

Trésor de l’ordre ; insignes ; récupération des colliers et insignes en 1814 ; masses de l’huissier ; bourses ; costumes ; fournisseurs des ordres ; réception des chevaliers ; formalités administratives ; remise des insignes avant réception ; serment.

 

Carton 11 :

Généralités sur le cérémonial des réceptions (Cérémonial de la messe et préséances ; cérémonial de réception ; rôle du prévôt ; huissier et hérault ; chapelle ; invitations ; convocations ; pages).

Cérémonies particulières (Chapître 14 mai 1826 ; Pentecôte 3 juin 1827 ; Pentecôte 25 mai 1828 ; Cérémonie du 7 juin 1829 ; Convocations pour le chapitre du 21 Février 1830 ; Chapitre de la Pentecôte 1830).

Remise de l’ordre aux Enfants de France, généralités.

 

Carton 12 :

Dossiers nominatifs des Chefs Souverains Grands Maîtres (Louis XIV ; Louis XV ; Louis XVI) (dossier sacre et cérémonie de réception comme grand-Maître des ordres de St-Michel et du St-Esprit) ; Louis XVII ; Louis XVIII (dossier sur l’éventuel sacre) ; Charles X (important dossier sur le sacre, les costumes…).

 

Carton 13 :

Très important dossier sur le sacre de Charles X en 1825.

 

Carton 14 :

Listes des chevaliers (1739, 1786, 1788, 1790, 1791, 1814, 1816, 1818, 1819, 1820, 1821, 1822, 1823, 1824, 1825, 1826, 1827, 1828, 1829, 1830).

Etrangers (documents sur diverses missions et formalités ; convention d’échange entre St-Esprit, Toison d’or, 19 février 1740 et 5 juin 1760). 

 

Carton 15 :

Dossiers alphabétiques de chevaliers commandeurs décédés : Vicomte d’Agoult (1825) ; Maréchal duc d’Albuféra (1820) ; Alexandre 1er, Empereur de toutes les Russies (1815) ; Grand duc Alexandre Nicolaiwitz (1824) ; le Roi de Saxe (1828) ; Duc d’Aumont (1820) ; Marquis d’Autichamp (1825) ; Duc d’Avaray (1820) ; Cardinal de Bausset (1820) ; Maréchal duc de Bellune (1820) ; Maréchal Marquis de Beurnonville (1820) ; Duc de Blacas (1820) ; Duc de Brissac (1825) ; Comte Burgues-Missiessy (1827) ; Prince de Capoue (1826) ; Prince de Carignan (1824) ; Don Carlos, Infant d’Espagne (1814) ; Prince de Castel Cicala (1821) ; Duc de Castries (1825) ; Comte de Chabrol (1828) ; Prince de Chalais de Talleyrand-Périgord (Elie Charles) (1821) ; Don Charles Louis, Infant d’Espagne (1816) ; Le Roi Charles IV (1760) ; Duc de Chartres (1825) ; Vicomte de Chateaubriand (1824) ; Duc de Chevreuse (1825) ;  Duc de Clermont Tonnerre (1827) ;  Comte de Coigny (1786) ; Duc de Coigny (1777) ; Prince de Condé (1752) ; Maréchal duc de Conégliano (1820) ; Grand duc Constantin Powlowitz (1815) ; Comte Corbière (1827) ; Prince de Croy (1821) ; Bailli de Crussol (1784) ; Comte Curial (1827).

 

Carton 16 :

Idem, suite : Duc de Dalberg (1820) ; Maréchal Duc de Dalmarie (1825) ; Comte Charles de Damas (1821) ; Duc de Damas-Crux (1824) ; Duc De Cazes (1820) ; Marquis Dessolles (1820) ; Duc de Doudeauville (1824) ; Mgr d’Ariau Dubois-de-Sanzai, archevêque de Bordeaux (1820) ; Marquis de Dreux-Brézé (1825) ; Duc de Duras (1820) ; Comte François d’Escars (1820) ; Ferdinand IV Roi des 2 Siciles (1760) ; Ferdinand le Prince héréditaire d’Autriche (1816) ; Duc de Fitz James (1825) ; François 1er Empereur d’Autriche (1815) ; l’Archiduc François-Charles-Joseph (1824) ; Don François de Paule, Infant d’Espagne (1816) ; Comte Frayssinous (1828) ; Frédéric Guillaume, Roi de Prusse (1815) ; Prince Royal de Prusse Frédéric-Guillaume (1824) ; Georges IV Roi d’Angleterre (1814) ; Duc de Grammont (1820) ; Duc de Clarence (1814) proclamé le 26 juin 1830 Roi d’Angleterre (Guillaume IV) ; Comte Guilleminot (1827) ; Prince Louis de Hohenlohe-Bartenstein (1816) ; Jean VI, Roi du Portugal (1823) ; Maréchal comte Jourdan (1825) ; Lainé (1820) ; Duc de La Châtre (1820) ; Mgr de la Fare, Archevêque de Sens (1821) ; Marquis de la Ferronnays (1825) ; Cardinal de la Luzerne (1820) ; Prince de Lambesc (1777) ; Baron de La Rochefoucault (1827) ; Marquis de la Suze (1825) ; Comte de Latil (1825) ; Marquis Victor de la Tour-Maubourg (1820) ; La Tremoille ; Maréchal Marquis de Lauriston (1823) ; Duc de Laval-Montmorency (1820) ; Comte de Lecce, fils de Sa Majesté Sicilienne (1829) ; Prince Léopold des Deux-Siciles (1810) ; Duc de Liancourt (la Rochefoucault) (1784) ; Duc de Lorges (1825) ; Duc de Luxembourg (1820).

 

Carton 17 :

Idem, suite : Duc de Maillé (1825) ; Comte de Mesnard (1827) ; Prince de Metternich (1825) ; Don Miguel, Infant du Portugal (1823) ; Maréchal comte Molitor (1827) ; Abbé de Montesquiou (1820) ; Duc de Mortemart (1825) ; Duc de Mouchy (1820) ; Duc de Narbonne (1825) ; Duc de Nemours (1829) ; Comte de Nesselrode (1824) ; Comte Juste de Noailles (1825) ; Duc de Noto fils aîné du duc de Calabre (1821) ; Duc d’Orléans (1789) ; Baron Pasquier (1820) ; Marquis de Pastoret (1825) ; Grand-Duc Michel Pawlowitz, frère de S.M. l’Empereur de toutes les Russies (1815) ; Grand-Duc Nicolas Pawlowitz (1815) (empereur en 1825 sous le nom de Nicolas Ier) ; Don Pedro fils aîné de S.M. le Roi du Portugal (1823) ; Comte de Peyronnet (1827) ; Duc de Polignac (1825) ; Prince de Polignac (1826) ; Maréchal Duc de Raguse (1820) ; Ravez (1825) ; Maréchal Duc de Reggio (1820) ; Comte Reille (1830) ; Duc de Richelieu (1818) ; Marquis de Rivière (1820) ; Mgr de Roquelaure, évêque de Senlis (1780) ; Duc de San Carlos, ambassadeur d’Espagne (1823) ; Duc de St Aignan (1827) ; Prince de Schwartzenberg (1816) ; Duc de Sérent (1820) ; M. de Serre (1820) ; Prince de Solre (de Croÿ) (1826) ; Comte de Syracuse (1826) ;  Marquis de Talaru (1824) ; Prince de Talleyrand (1820) ; Mgr. de Talleyrand-Périgord (cardinal archevêque de Paris) (1808) ; Maréchal Duc de Tarente (1820) ; Maréchal Duc de Trévise (1825) ; Duc d’Uzès (1825) ; Marquis de Vaubecourt (1820) ; Comte de Vaudreuil (1784) ; Duc de Vauguyon (1784) ; Duc de Villa-Hermosa (1828) ; Comte de Villèle (1823) ; Maréchal marquis de Viomesnil (1820) ; Prince Wolkonsky (1826).

 

Carton 18 :

Correspondance avec l’Imprimerie Nationale relative aux commandes pour les Ordres de 1816 à 1830 (sauf listes de chevaliers), l’Imprimerie Guyot et l’Imprimerie Testu (à propos de l’Almanach Royal).

 

Carton 19 :

Correspondance avec l’Imprimerie Nationale relative aux commandes de listes de chevaliers des Ordres de 1818 à 1827, et mémoires de commandes d’impressions de 1814 à 1829.

Dossier (correspondances, minute de notice, etc.) sur Benjamin Duvivier à l’occasion de son éloge à l’Académie des Beaux-Arts en 1821 par Quatremère de Quincy.

Quelques pièces comptables provenant de l’Administration de la Monnaie.

 

Carton 20 :

Fascicules annuels des états des ordres du Roi (listes des membres), pour les années 1820, et 1822 à 1830. 

 

 

Le Trésor de l’ordre

Le fonds Tiolier nous renseigne utilement sur le devenir du Trésor de l’ordre pendant la Révolution. Conservé au péril de sa vie par Adrien-Michel Blin de Sainmore, historiographe des ordres et garde des archives depuis 1786, puis après sa mort par sa veuve, puis son fils, le Trésor fut versé au garde-meuble royal par Blin de Sainmore fils le 15 mai 182718. Localisé dès 1814, il ne fut donc pas récupéré par l’ordre, même si pour le sacre de Charles X en 1825, et ce malgré les injonctions pressantes et répétées de Tiolier. Ce dernier n’obtint finalement du grand prévôt d’Aguesseau en 1821 que l’autorisation de reprendre la masse de sa charge. La raison des atermoiements des grands officiers de l’ordre reste obscure, et semble n’être liée qu’à leur rivalité qui les opposait sur leurs prérogatives respectives (le Trésor était du ressort du grand trésorier).

 

Les archives du musée permettent en tout cas d’établir avec certitude que les grands manteaux d’Ancien régime aujourd’hui au musée du Louvre, qui faisaient partie du Trésor de l’ordre, étaient ceux de cinq des six officiers prévus par les statuts originaux : le chancelier, seul à porter un manteau à bordure comme les chevaliers, le prévôt maître des cérémonies, le trésorier et le secrétaire greffier, tous trois portant grand manteau sans bordure, et celui de l’huissier, plus simple et comportant un coussin cousu au vêtement au niveau de l’épaule, pour y faire reposer la masse.

 

Il se pourrait que le manteau du héraut ait fait partie du trésor lors de sa localisation en 1814 par les officiers de l’ordre survivants de l’Ancien régime (le grand prévôt d’Aguesseau, l’huissier Caminade de Castres) ; quoiqu’il en soit, il est déjà mentionné comme manquant dans un rapport du 6 août 1814 du grand prévôt maître des cérémonies au Roi, puis encore dans les inventaires faits en 1821, 1824, et lors du versement du Trésor au Garde-meuble royal en 1827 (sauf la masse, reversée par Tiolier en 183319). 

 

Il ne fit jamais aucun doute pour les officiers survivants, familiers de l’ordre, que le grand manteau à bordure faisant partie du Trésor de l’ordre était celui du chancelier.

Le Trésor n’avait d’ailleurs vocation qu’à conserver ce qui appartenait en propre à l’ordre : colliers, croix, accessoires religieux, et manteaux des officiers, non ce qui appartenait au Roi ou aux chevaliers, notamment leurs manteaux. L’hypothèse émise par Daniel Alcouffe selon laquelle ce manteau, aujourd’hui au Louvre, serait un manteau royal20 ne peut donc être acceptée. D’autant plus que les archives montrent avec certitude que sous l’ancien régime, le manteau du roi avait une traîne bien plus longue que celle des chevaliers21, nécessitant l’intervention d’un porte-traîne.

 

Le premier grand manteau22 fait sous la Restauration, par la maison Dallemagne, est celui offert par Louis XVIII au prince-régent d’Angleterre pour sa réception dans l’ordre (décidée par le roi en septembre 1814, la remise des insignes fut opérée par Caminade de Castres le 16 février 1815).

 

Trois autres grands manteaux furent faits par le même brodeur pour les souverains présents à Paris en août 1815 (Alexandre 1er de Russie, François 1er d’Autriche, Frédéric-Guillaume de Prusse), qui les reçurent en septembre. Les officiers de l’ordre ne manquèrent pas d’attirer l’attention du roi sur le temps nécessaire à la confection de telles pièces, et suggérèrent, comme pour les colliers, les croix, les livres d’heures et les dizains, d’en faire exécuter un certain nombre d’avance, afin de pouvoir répondre immédiatement aux désirs royaux. Mais devant la dépense23, le roi décida en 1816 de ne plus donner de manteaux aux princes étrangers. Aucun manteau n’avait été fait pour un membre français à cette date.

 

En mars 1818, lorsque l’Ordre prépare le sacre de Louis XVIII, quatre grands manteaux au moins (pour les grands officiers) sont notés dans les dépenses à faire. Il est intéressant de noter que les manteaux des grands officiers sont prévus tous semblables, comme celui du grand chancelier (c'est-à-dire des chevaliers), et non, comme le prévoient les statuts, sans bordure pour le prévôt, le trésorier et le greffier24. La trace de la commande au brodeur ne subsiste pas, mais en février 1819 huit grands manteaux sont prêts chez Dallemagne, qui travaille également sur douze petits costumes (en train, faits et à faire25). Pourquoi huit grands manteaux ? nous n’en savons rien. Selon les statuts, seuls les manteaux des officiers étaient à la charge de l’ordre - c'est-à-dire, sous la Restauration, à la charge de la Couronne, puisque l’ordre avait été dépouillé. On a vu que les quatre grands officiers devaient recevoir un grand manteau ; restent quatre manteaux dont la destination nous est obscure…

 

Ces huit grands manteaux du XIXe siècle sont, selon toute probabilité, ceux, tous exactement semblables, qui sont aujourd’hui répartis entre le musée de l’Armée (un), le musée de la Légion d’honneur (un) et le Louvre (six). Le non achèvement de l’un de ceux du Louvre (le col n’est pas percé) laisse à penser que la commande fut interrompue brutalement, peu après février 1819, lorsque le projet de sacre fut abandonné.

 

Il est vraisemblable que la maison Dallemagne a repris en 1818-1819 le modèle déjà utilisé pour le prince-régent d’Angleterre en 1814 ; ce qui expliquerait la présence dans les broderies de trophées qui entourent le manteau, des guidons identifiés par M. Dillemann comme ceux de la compagnie écossaise des gardes du corps, premier modèle 1814-181526.

 

Lors du sacre de Charles X, les grands officiers ne portèrent pas ces manteaux. Le roi avait décidé en effet que les membres de l’ordre revêtiraient le petit costume fixé par Louis XVI, reconduit sans changement le 12 février 1825. Cette décision fut prise probablement pour permettre aux chevaliers de l’ordre de faire l’économie d’un grand manteau porté seulement trois fois dans l’année.

 

La cérémonie de prestation de serment de Charles X fut donc bien éloignée de celle de ses prédécesseurs de l’Ancien régime. On n’y vit pas les chevaliers en grands manteaux, ni le Trésor de l’ordre (sauf la masse, récupérée par Tiolier en 1821), ni les superbes tentures du XVIe siècle aujourd’hui au Louvre ; seuls rappels des cérémonies anciennes, la disposition du mobilier, avec les deux sièges pour le roi, dont un trône devant l’autel, et le décor d’armes peintes des chevaliers, que Tiolier avait fait refaire pour la circonstance27. Tiolier avait aussi fait redorer et reciseler la masse du XVIe siècle, peut-être par l’orfèvre Roux, en même temps qu’il faisait faire le bâton du héraut, pour la somme totale de 430 francs. Trouvant l’ancienne masse décidément trop lourde28, il en fit refaire une autre en 1826, comme l’indique le registre-journal (O 1808, p. 117) et le registre des recettes et des dépenses (O 1805, p. 11) :

« A Pour modèle d’exécution en plâtre de la Masse de l’huissier des Ordres, pour servir à la fonte de ladite Masse suivant la note de M. Fouquet sculpteur……………………………………200 F

B   Pour ciselure de ladite Masse……………………………………………………………200 F

C   Six notes MM Richard et Quesnel,

     pour fonte en cuivre des différentes pièces composant la Masse………………………91,90 F

D   1re Note de M. Roux bijoutier doreur pour dorure de 48 pièces…………….……………..8 F

      2e Dorure et monture des autres pièces…………………………………………………150 F

E   Velours vert du bâton et Étui pour renfermer la Masse……………..………………...98 F »,

     soit un total pour la masse de…………………………………………………………...767 F

C’est cette masse, qui resta en possession de Tiolier, que le musée de la Légion d’honneur à la chance d’exposer aujourd’hui auprès du grand manteau de chevalier de la Restauration. Il reste à espérer que le fonds Tiolier soit désormais mieux connu des chercheurs, et qu’il soit exploité autant qu’il le mérite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fig. 26 :

Facture de l'orfèvre Cahier pour 30 colliers de l'ordre du Saint-Esprit sur papier à en-tête, 11 juin 1825. MLHOC

Cliché Antoine Lorgnier

 

 

 

 

Fig. 27 :

Masse de l'huissier de l'ordre du Saint-Esprit, 1826, détail.

Cuivre doré, velours MLHOC

Cliché Antoine Lorgnier.

 

 

Notes de bas de pages 

 

1 . Jean-Charles Lugnet de Perseville, nommé huissier des ordres du roi le 8 août 1740 ; Alexandre-Charles Caterbi (1718-1787), ancien huissier de la chambre du roi, nommé huissier des ordres en survivance par suite de l’achat de la charge devant notaire le 11 décembre 1768, fit office d’adjoint à partir de cette date, puis huissier à partir du 2 février 1770, devenu titulaire de la charge le 24 août 1772 ; et enfin Louis-Olivier Caminade de Castres (1745-1816) nommé huissier des ordres en janvier 1786. Des archives de ceux-ci ne subsiste que ce qui avait survécu à la Révolution.

 

2 . Sauf indication contraire, tous les documents publiés ici proviennent des documents d’archives conservés au musée de la Légion d’honneur.

 

3 . Jean-Baptiste, marquis d’Aguesseau de Fresnes, (1742-1826) avait pris la succession de son père, démissionnaire, comme prévôt maître des cérémonies des ordres du roi. Il prêta serment le 19 janvier 1783. En 1814, il était le seul grand officier de l’ordre survivant de l’ancien régime. Ses papiers auraient théoriquement dû être versés à son successeur, Bernard, baron de Balainvilliers (1760-1835), nommé le 17 avril 1826. Tiolier, dont la charge était placée sous les ordres du prévôt maître des cérémonies, craignant que les papiers s’égarassent lors de la succession, s’empressa de les prendre et les conserva.

 

 

4 . Duvivier, célèbre graveur de l’époque, fut d’ailleurs le parrain de la sœur de Nicolas-Pierre Tiolier, Alexandrine Marie, née en 1787. Je remercie le baron Pinoteau de m’avoir aimablement communiqué les copies d’extraits de registres paroissiaux qu’il tient de la famille Thiolier (Tiolier).

 

5 . Si Claude Dejoux, académicien et membre de l’Institut, est bien connu, ce n’est pas le cas de Jeuffroy, mentionné dans une notice biographique inachevée rédigée par Tiolier lui-même.

 

6 . Cet acte notarié réservait les émoluments afférents à Caminade jusqu’au 1er octobre 1816, à charge pour ce dernier de faire nommer Tiolier comme son successeur par le roi. Dans l’intervalle, Tiolier assistait gratuitement Caminade, qui l’instruisait des devoirs de la charge.

 

7 . Caminade de Castres mourut le 13 avril 1816, avant la date prévue pour la passation de charge. Le 18 avril, un rapport au roi du chancelier signale que la nomination d’un huissier est nécessaire pour cette prochaine remise d’insignes. Dans la marge, figure de la main du roi : « oui ».

 

8 . Les officiers supérieurs, ou grands officiers, qui étaient commandeurs de l’ordre, étaient au nombre de quatre : le chancelier garde des sceaux, le grand prévôt maître des cérémonies, le grand trésorier et le secrétaire greffier. Le nombres des petits officiers varia avec le temps.

 

9 . Le 30 avril 1816, M. du Tillet de Villars fut reçu comme héraut roi d’armes de l’ordre ; magistrat au tribunal de Versailles, il s’occupa fort peu des ordres, et finit par donner sa démission en 1819. Tiolier fit alors nommer comme héraut Jules des Maisons, son cousin, dont il était très proche, et avec lequel il travailla de concert. Ils furent les seuls petits officiers jusqu’en 1822.

 

10 . La « collection Clairambault » de la Bibliothèque nationale de France est constituée des documents accumulés par ce généalogiste de l’ordre, et des divers papiers du Cabinet des ordres du roi ayant survécu à la Révolution. Ce Cabinet, dont le rôle dépassait la gestion des ordres, notamment dans le certificat des preuves de noblesse, était ouvert au public au couvent des Grands Augustins. Chérin, neveu et cousin des deux derniers titulaires de la place de généalogiste, travailla avec son oncle au Cabinet des ordres de 1781 à 1792. Selon lui, en 1792 « lorsque l’Assemblée Législative ordonna le transport du Cabinet des ordres à la bibliothèque du Roi, mon cousin me céda en présence de M. le Président d’Ormesson dernier bibliothécaire, tous les droits qu’il avait sur ce Dépôt précieux, en conséquence j’effectuai ce transport de concert avec M. d’Ormesson (…) Déjà nous avions commencé à distraire du Cabinet tout ce qu’il y avait de plus précieux lorsque nous fûmes dénoncés l’un et l’autre (…) M. d’Ormesson fut victime ; je ne parvins à me soustraire à la mort que par une prompte fuite (…) Mon abandon forcé devint funeste  au Dépôt précieux dont la garde m’était confiée, une grande partie fut livrée aux flammes. Rentré depuis près de quatre ans à la Bibliothèque (…), j’y ai retrouvé ce que j’avais distrait avec M. d’Ormesson ». Sur l’histoire de la collection Clairambault, voir : Auguste Flandrin, Inventaire des pièces dessinées ou gravées relatives à l’histoire de France conservées au Département des manuscrits dans la collection Clairambault sur l’ordre du Saint-Esprit, Paris, Hachette, 1887.

 

11 . Une des boîtes d’archives avait été oubliée dans la transaction, et fut vendue directement par M. Bourdier au musée en janvier 1931. La boîte et son contenu furent intégralement inventoriés, du numéro O 1824 à O 1898, puis le contenu dispersé dans les diverses boîtes.

 

12 . Vente du 29 juin 1953, par l’office de Me R.-G. Laurin, cat. n° 110, adjudication 225 000 francs.

 

13 . Henri Torre, qui fut conservateur du musée de la Légion d’honneur de sa création en 1921 à 1961, publia dans la revue Histoires de l’Histoire, n°1, février 1959, pp. 41-46, un article qui, pour la première fois, tirait partie de ces archives - non sans quelques erreurs de détails (« L’ordre royal du Saint-Esprit en 1814 »). Mais, publié sans note et sans identification sur la localisation des sources, il rendait ardue la tâche des chercheurs. A notre connaissance, M. Pinoteau est le seul à avoir eu accès à ces archives, dont il cite d’ailleurs la localisation dans ses publications.

 

14 . Voir note 11. Par ailleurs, les lettres signées des rois de Louis XIII à Charles X, ou de la famille royale, avaient été inventoriées à part (O 1796 à O 1801), mais replacées dans les boîtes.

 

15 . Une note de Caminade de Castres nous apprend que ce registre « est le plus ancien des registres de ce genre conservés pendant la Révolution ».

 

16 . Achat à la Librairie Saffroy, 1957.

 

17 . Achat à Colette Bourdier, expert, 1960. 

 

18 .  Etat des ornements et effets appartenant à l’Ordre du Saint-Esprit, qui se trouvent entre les mains du soussigné comme fils du dernier titulaire de la charge d’historiographe, garde des archives, secrétaire du greffe dudit ordre, et dont il fait la remise à la Direction générale du mobilier de la Couronne aujourd’huy quinze mai mil huit cent vingt sept (Archives du musée de la Légion d’honneur, dont du comte de Sevin de Quincy, 1991). Un autre exemplaire signé de cet état existe à la Monnaie, un autre pourrait probablement être trouvé dans les archives du Mobilier national.

 

19 .  Le manteau du héraut est signalé par Barbet de Jouy comme exposé au musée des Souverains, mais cela est tout à fait impossible - à moins qu’une reconstitution ait été tentée ? Un manteau court fut en tout cas créé de toutes pièces, probablement pour le musée des Souverains, à partir de panneaux démontés, reconstruction historique hautement fantaisiste : les panneaux de revers sont montés à l’envers, le col est dépareillé, et le tissu moderne du fond est vert (et non noir) (CL 18571, dépôt au musée de la Légion d’honneur).

 

20 .  Daniel Alcouffe, « L’ordre du Saint-Esprit : la chapelle », Revue du Louvre, n°1, 1994, pp.29-42.

 

21 .  « la queüe [du grand manteau de chevalier] doit être beaucoup plus courte que celle du manteau du Roi, laquelle à quatre aulnes de longueur », Description des diverses parties qui composent le grand uniforme de l’ordre du St-Esprit, tel que les membres le portaient a la réception du Roi Louis 16.

 

22 . Le grand manteau ne doit pas être confondu avec le manteau, cape aux mollets faisant partie du petit costume fixé par Louis XVI.

 

23 .  Le costume de l’ordre complet, tel qu’envoyé au prince-régent, comprenait : un grand manteau, l’habit de novice porté sous le grand manteau, le petit costume, auxquels furent ajoutés à Londres le chapeau, les souliers, les gants commandés sur mesure aux fournisseurs officiels du prince.

 

24 . Le port du collier par le chancelier, le droit pour les autres grands officiers de mettre un manteau comme celui des chevaliers, étaient d’anciennes revendications, presque aussi anciennes que l’ordre. D’ailleurs, les statues de grands officiers autres que le chancelier les montrent le plus souvent en grand manteau de chevalier, dès le XVIIe siècle, alors qu’on a la certitude que cela leur fut toujours refusé sous l’Ancien régime.

 

25 .  Note de Tiolier d’après une note de Dallemagne, carton 10.

 

26 . Professeur Dillemann, « Souvenirs de l’ordre du Saint-Esprit au musée de l’Armée », Revue de la Société des Amis du musée de l’Armée, n° 89, 1984, p. 72.

 

27 .  Registre des recettes et des dépenses, p. 11.

 

28 . Note en marge du registre des recettes et des dépenses : « Cette nouvelle masse dont la confection avait été approuvée par feu Mr le Mis d’Aguesseau est destinée à remplacer l’ancienne qui est d’un poids considérable et qui ne pouvait servir pr les Cérémonies ordinaires ».